Historique rapide des danses du jazz Succession des danses et des Jazz

( Mixture : du collectif , citations en italique, dirigé par Marc Honegger « Science de la Musique » Paris, éd Bordas, 1976 –s’y référer-  et du texte de Robert Crang)

Canevas noté à partir du 2009-04-25 , se complétant progressivement.

 

CAKE-WALK = (Gateau-Marche) Vers 1870 aux USA. Le nom ferait allusion au gateau offert au marching-band vainqueur des concours qui avaient lieu à l'époque.

Danse des noirs d'Amérique du Nord, de caractère grotesque, écrite à 2/4 sur des rythmes syncopés joués par des ensembles de cuivres «marching-bands ». Le répertoire de ces ensembles englobait marche, ragtime et même le blues. Le Cake-walk fut importé en Europe vers 1900 comme danse de music-hall et de spectacles.

Claude Debussy s'en est inspiré dans la suite pour piano « Children’s corner »

 

RAGTIME = (mesure déchirée)

Vers 1890.

Ainsi le ragtime de Scot Joplin « Maple leaf Rag » date de 1898.

Martha Graham, qui a inventé le vocabulaire et le style de la danse académique moderne, l'utilise dans sa géniale, humoristique et ultime chorégraphie du même nom, créée dans les années 1990 avant de nous quitter à 95 ans !.

 

JAZZ (Terme sans sens musical)

emprunt anglo-américain au patois franco-américain

(substantif : rapidité, enthousiasme, véhémence, exagération, coït, etc.

verbe : accélérer, exciter, chasser, copuler, etc.) Ce n’est que vers 1915, que le terme se voit appliqué au « jazz » par les blancs..

Le Jazz véhicule les notions de dynamisme, de décalage jusqu’à celle de révolte,

 

Les caractéristiques du jazz sont produites par le mélange en terre nord-américaine des cultures musicales de l'Afrique de l'Ouest et de l'Europe, principalement dans le sud des États-Unis

La Nouvelle-Orléans a imposé son style le « dixieland jazz » :

-le rythme. Le « beat » européen, accent périodique voire métronomique se voit complété par de minimes déplacements d'accents «off-beat » africains et aboutit à une stratification complexe le « swing » ni rationalisé ni fixé par écrit…..

-l'intonation. La manière de produire le son repose sur les intentions individuelles :-le défaut de justesse «dirty tones », - les sons  « poussés », les glissandos, les dégradations dynamiques. Selon les traditions africaines, un idéal d'intonation percussif avec mélodie en « staccato » ( « hot-intonation » ….une mélodie issue de la parole (teintée d'africanisme) appliquée à des instruments européens, particulièrement les vents (le souffle produit la parole et le son)

-l'improvisation. C'est le propre de la musique de jazz. Improvisation individuelle liée à des structurations préalables à prendre en compte :

--------«chorus » mélodie de base et contre mélodies possibles et par conséquent éléments de l'unité formelle à respecter)

-------- éléments rythmiques.

---------éléments harmoniques avec leur succession établie

---------structure de dialogue (call and response patern) si l’on improvise à 2 en se répartissant à l’avance les phrases musicales ou les successions

harmoniques du chorus -etc.…

-formations instrumentales.

À l'origine se développe au sud des USA , le petit groupe instrumental «band » désigné comme « New Orleans Jazz » , issus d’ensembles de cuivres : « marching bands » : répertoire de marche, « ragtime » voir ci-dessous et « blues » avec ajout d’improvisation par question-réponse.

Puis après la guerre, dans les années 1920-30 «orchestra» dans le nord du pays (Chicago) groupe d'instruments nombreux appelé plus tard « big band ».On y privilégie la suite de solos et la virtuosité et s’y développe l’ « arrangement »,

orchestration des morceaux à cause du nombre d’ instruments

Les formations sont constituées de deux groupes d ‘instruments :

-       la section rythmique et harmonique : batterie, contrebasse ou tuba, guitare ou banjo, piano.

-       La section mélodique : trompette ou cornet, trombone, clarinette. Puis la tradition de la clarinette est recueillie par le saxophone et même la flûte traversière (des dizaines de célébres flûtistes-jazz de Jaspar Bobby 1956 et Wright Léo 1960   à Charles Lloyd dans les années 2000)

-        

Depuis le «free jazz » les ensembles ne sont plus liés à une norme.

 

-ONESTEP

Vers 1917 en Europe mais originaire des USA. Caractérisée par une mesure à 2/4 et par un tempo rapide. Se danse à raison d'un pas par temps ce qui donne son nom et prépare le fox-trot.

 

SHIMMY   1921

 

FOX-TROT = trot du renard . 1912 est la date de son apparition chez les noirs américains où elle commença en une sorte de danse animalière.

Syncopé, assez proche du « ragtime » le fox-trot aux périodes régulières de huit mesures est devenu très populaire après la première guerre mondiale…… se danse en trois figures : la marche, les pas courus puis les pas glissés à droite et à gauche analogues à ceux du « Twosteps »

 

CHARLESTON

Tient son nom de la ville de Charleston, en Caroline du Sud (USA) . Sorte de Fox-trot rapide. (noire à 96 )

New York 1920. Puis en Europe : spectacle de music-hall et danse de société à succès.

 

-SWING

Vers 1938. Date de la partition «Now they call it swing ». Le nouveau style de la danse est importé en Europe par les troupes USA du débarquement de 1944.le temps du swing est ternaire. En mesure : 4 sur 4 ou C, par exemple, le temps est joué (noire et croche en triolet)  même s'il s'écrit (croche et croche)

 

BOOGIE WOOGIE . Le nom évoquerait le temps ternaire rapide (croche pointée-double croche) des roues des wagons à l’intersection des rails. Wagon utilisés sans payer par les pauvres sur les toits ou les parties extérieures.

Danse plus rapide qui prépare le be-bop.

La partition - (THE ORIGINAL) BOOGIE WOOGIE- datée de 1929, réédité en 1937, comporte ce rythme (croche pointée-double croche) sur 11 mesures (de 4 sur 4 ou C) à la suite .

Dans le dictionnaire anglais français Oxford Hachette de 2007, boogie est traduit par danser. Cela semble donner de l'importance à cette danse.

(Ainsi, à la Renaissance française branler signifiait danser. Thoinot Arbeau dans l’Orchésographie,1588, décrivait 33 branles différents.)

 

 

BE-BOP. 1941-1945.inventé à New York (Harlem) au cours de « jam sessions » en révolte contre imitation et commercialisation .

Caractères : tempo frénétique ; abandon du beat habituel beat en croches, « beat » marqué par la contre basse, etc., improvisation par principe, tonalité élargie, petit groupe… Principaux représentants : Miles Davis, Dizzy Gillespie, Théolonius Monk, Charlie Parker etc. ..

En France cette danse importée après la 2° guerre mondiale par les troupes USA. Elle est chantée avec humour par Henri Salvador lors de ses tournées, dansée par Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault (Caves rive gauche à Paris)

 

ROCK’N’ROLL (De to rock, -se balancer et to roll,-rouler). Fondée sur la répétition continue et obsédante d'une formule mélodique et rythmique. Ce style violent et excité est créé par Elvis Presley en 1955, suivi par Bill Haley, Paul Anka etc… Représentants français : Johnny Hallyday, Eddy Mitchel, Dick Rivers etc…

 

FREE JAZZ 1960, libertaire il n'a pas donné d'exemple de danse structurée. Cela explique peut-être l'illusion de liberté corporelle qu'a apportée l'usage de la danse individuelle en discothèque ou de l' illusion de danse-dandinement du public-foule  dans les stades ou à la télévision. .

 

En effet, on peut dire que la liaison entre musique et mouvement a le plus souvent été réalisée par les musiciens ou par les musiciens-danseurs jusque vers le milieu du XXe siècle.

Danse et musique était associées culturellement, pour le plus grand bonheur de ces deux arts historiquement liés. Cette liaison est peut-être, sinon généalogique, du moins générique : ce qui explique que le russe Stepanoff et le français Pierre Conté ont adapté l'écriture musicale occidentale pour écrire la danse.

 

Au Moyen Âge, le manuscrit des basse-danses a été écrit par un musicien danseur puisque les pas (Simples, Doubles, Reprise, etc.) sont indiqués par leurs majuscules (S, D, R,..) sous les notes de l'écriture musicale des mélodies.

À la Renaissance, Thoinot Arbeau auteur de l’ Orchésographie déjà citée ci-dessus, était danseur et musicien avant de devenir chanoine.

Au XVIIe siècle, Jean-Baptiste Lully ……. était compositeur et chorégraphe.

Au milieu du XXe siècle, Balanchine a hésité entre une carrière de musicien (il était un pianiste accompli) et une carrière de chorégraphe qu’il a finalement choisie.

Par ailleurs, tant que la danse populaire a été animée par des musiciens vivants , danse et musique ont été associées culturellement dans les Cours princières ou royales, les Salons bourgeois, les Bals populaires.

 

Au XXe siècle, parallèlement à l'émiettement du travail artisanal dû au machinisme, on constate l'hyperspécialisation des professions et l'hyperspécialisation du travail artistique.

Ainsi la danse contemporaine et la musique contemporaine se sont de plus en plus séparées culturellement et administrativement.

 

Sur le plan de la danse populaire :

Les discothèques ont remplacé les bals, les fêtes patronales....

Les disc-jockeys ont remplacé les musiciens....